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Adieu à Bernard Mazo


DEUX FRAGMENTS POUR UN ADIEU

Pour Bernard, pour qu’il nous accompagne encore un peu...


I


Il s’est arrêté devant la mer.
Il regarde plus loin que ses yeux.
Il n’a jamais connu d’instant aussi parfait : la tiédeur du soleil, l’air léger
et cette mouette qui dérive entre présage et oubli.

Ensuite, il ne sait plus.
Il y a comme dans un éblouissement,
le monde entier
— et rien



II


Soudain, il nous laisse là, avec le vide de nos mains, avec la tasse et le livre, la misère et le mur.

Il nous laisse ou est-ce nous qui le laissons ? La lumière ne trouve plus ses yeux, ni l’air ses lèvres.

Nous voilà dans l’entre tout et rien : nous regardons ce qu’il ne peut plus voir,

Nous écoutons les syllabes de son nom. Tout proche, son rire recule, s’éteint, nous abandonne.

Des mots reviennent qui étaient peut-être les siens. Ils se cherchent une bouche à présent.

Il disait : « qui d’autre que moi / pourrait dire / que je suis encore vivant » — et le jour s'éclairait.

Il disait — mais était-ce encore lui ? —: « qui d’autre / que je suis toujours là ». Une brume couvre la lumière.

On entend, comme très loin : « Même si je suis / désormais / muet parmi vous ». Le vent secoue des morceaux de ciel,

Parmi vous répète l'écho. Quelque chose nous traverse. On a cru que c'était le silence, mais c'est sa voix.


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