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Lumière des jours

le blog de Jacques Ancet

Israël Eliraz, Août à la limite des choses perdues | 30 octobre 2007

L'intouchable

Israël ELIRAZ
Août, à la limite des choses perdues
(José Corti)




    On ne voit pas le monde. On ne voit que du langage. Des mots, pas des choses. Cette description verbale qui nous tient lieu de regard, on l'appelle « réalité ». Mais la plénitude infinie, du réel nous échappe toujours. Comment, sinon y accéder, du moins, en éprouver la présence ? Cette question, implicite ou explicite, ne cesse de traverser la suite continuée des livres d'Israël Eliraz comme, ici, une fois encore, avec Août, à la limite des choses perdues :

                août n'est qu'un mot,
                je l'entends se former


                réduisant le réel à ce
                qui se passe dans la langue


Oui, août n'est qu'un mot. Et comment hors de ce mot saisir ce volume de temps, de lumière, d'espace, de mouvements, de couleurs  — cette « passion sans fin, cet « irrésistible » (« août l'irrésistible) ?  Tout le livre ne cesse de faire signe vers ce quelque chose qui, à la fois, est là et n'est pas là — « je parle de quelque chose d'autre qui / se matérialise en plein jour... » ¬, qui se retire — « Quelque chose se / retire sous la lampe » —, qui se tient au-delà du visible — « tu as tort, Jacques,  de dire que nulle chose / n'existe au-delà du regard » —, bref, qui n'est, à proprement parler rien pour nous (pour nos habitudes de sentir, de penser, de percevoir, de parler) — « ce rien, que je ne cesse d'appeler » et qu'Eliraz appelle tout simplement août.
Mais alors, comment faire éprouver quelque chose qui n'est rien de ce qui existe ? En s'attachant, justement, à ce qui existe, aux choses simples dans leurs manifestations les plus quotidiennes : « Revenons à la doctrine simple des fruits ». Autrement dit, aller vers l'illimité à travers la limite : Vers août par les choses. Tout un programme assez clairement exposé : « il faut se tenir aux choses, s'agripper / aux indications, arriver / au presque rien ». Ou encore : « il ne reste plus qu'à écrire, suivre / les plis quotidiens du dehors et / de l'autre côté de l'objet ».
Et si cet « autre côté » est inaccessible, peut-être est-il possible, du moins, de le pressentir. Non plus en cherchant à nommer mais, comme le voulait Mallarmé, à suggérer. En perturbant systématiquement l'ordre du langage qui fixe, stabilise, découpe, ordonne, par une autre manière de dire, par une autre syntaxe : « je me déplace dans la bouche pour retrouver / l'autre grammaire bousculée / l'arrière grammaire ». D'où cette allure syncopée de l'écriture d'Eliraz, ses coq-à-l'âne, ses déliaisons systématiques — bribes de phrases, fragments descriptifs, citations ...— qui font que le lecteur ne sait plus, ne s'y reconnaît plus. Et qu'en même temps, au moment de la plus grande confusion, paradoxalement, il éprouve en une sorte de concrétude clignotante un obsédant il y a. Celui de ces choses qui, de leur présence multipliée font signe vers ce qui les déborde telle une immense vacance. Ce qui expliquerait la paronomase têtue par laquelle elles ouvrent significativement le livre — « une porte, une pioche, une poche, un / puits... » et leur disparition finale qui laisse comme au bord d'une présence, mais vide, infiniment ?

            « la place est vide quand le vide
            occupe toute la place »


            disait qui ?


Entre ces deux points, parfaite allégorie de l'insaisissable, de l'impossible réel, déclinaison de mouvements, de phrases, de clartés, d'ombres, de dates..., août passe et demeure, pur volume sans image ni forme, « intouchable » et pourtant, « à la limite des choses perdues », comme suggéré en creux par leur existence évanescente, présent malgré tout, dans ce nom vide qui ne peut le contenir mais  ouvre à son immensité :

             le noisetier de la fenêtre, la clarté
             de la terre, des écailles de plâtre et  
             un nom immense dans la  
             distance, l'intouchable



            
                   



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Vient de paraître | 30 octobre 2007

NU(E) n°37 JACQUES ANCET

Un nouveau numéro de la revue Nu(e)

La revue Nu(e), dirigée par Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, est un lieu de travail et de correspondance. Son nouveau numéro est consacré au poète, traducteur, romancier et essayiste :

JACQUES ANCET

« Je n'écris pas pour : pour raconter, pour décrire, pour communiquer, établir un dialogue, etc. J'écris par : par impossibilité de faire autrement, par passion, au sens où je subis quelque chose qui me déborde, par désir, par saisissement... Et ce qui me saisit, c'est cet apparaître qui fait de moi un autre. Alors, plus que « chercher quelqu'un», écrire c'est « trouver quelqu'un », ce « latent compagnon », justement, qui ne se fait que dans les mots et pas ailleurs. Un double sans visage, anonyme dont la voix est pleine d'un silence bruissant de voix. Écrire, aimer, sont peut-être un seul et même mouvement de perte de soi et d'apparition, dans ce vide laissé par l'identité, d'une altérité qui éveille celle de l'autre, lecteur ou être aimé. De l'autre de soi à l'autre de l'autre s'établit un rapport qui est moins de réciprocité que de transfert. »

Le volume de 170 pages que lui consacre la revue, coordonné par Serge Martin (poète, maître de conférence en littérature française contemporaine à Caen), rassemble les contributions suivantes :

• Un entretien de Jacques Ancet avec Serge Martin, sur le continu de son écriture.

• Un inédit de Jacques Ancet : « L'égarement ».

• Des dessins d'Alexandre Hollan.

• Des créations poétiques et contributions critiques, des textes et témoignages d'amis : Bernard Noël ; Antonio Gamoneda ; James Sacré ; Henri Meschonnic ; Gaspard Hons ; Salah Al Hamdani ; Michel Collot ; Fabio Scotto ; Amelia Gamoneda Lanza ; Yves Charnet ; Bernard Vargaftig ; Béatrice Bonhomme ; Laurent Mourey ; Emmanuel Hiriart ; Ménaché ; Emmanuel Malherbet ; Serge Ritman.
• Une bibliographie des ouvrages de Jacques Ancet




Pour recevoir ce numéro, il faut envoyer un courrier sur le modèle suivant:

Mme/M. :

Adresse :

Souhaite : ...... exemplaire(s) du numéro de la revue Nu(e) sur Jacques Ancet. et paie ce jour le montant de ...... x 18 € (+ 2 € de frais de poste), soit au total ....... € à l'ordre de l'Association Nu(e), avec la mention :
« Souscription J. Ancet» :

• pour la France : par chèque, c/o Béatrice Bonhomme , 29 avenue Primerose, 06000 NICE

• pour les autres pays : par virement au compte de l'Association Nu(e) - IBAN : FR76 1831 5100 0004 2667 9641 539 - BIC : CEPAFRPP831.

 

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Comme si de rien | 20 octobre 2007

Comme si de rien




Il ne sait plus faire. Plus du tout.
La montagne monte, flotte.
Le train-train, la tache
qui bouge sur l'œil, ne cache
ni ne révèle rien. Il écoute,
il regarde, il attend, il oublie

                        10 juillet 2006




Quelque part, ce qui se cherche
comme un bourdonnement de mouche.
Deux genoux, un pied. L'après-midi
redevient bleue. On entend
du silence – et autre chose.
Une sorte de stupeur sans fin

            11 juillet 2006




Il a posé la tasse, écouté
quelque chose qu'il était seul à entendre.
Sur la vitre le feuillage
semblait s'être arrêté dans sa chute.
Comment faire, disait-il.
Un feu brûlait dans ses mains ouvertes

12 juillet 2006




Il a cru pouvoir dire. Mais non.
Sur les lèvres le silence
est resté intact. Et le spectacle
à quelques pas toujours, immobile
comme un peu d'air qui n'entre pas. Il a cru
supprimer la distance. Mais non

                        13 juillet 2006




Le retour n'est jamais le retour.
Les mouches , toujours, et le feuillage.
Un marteau s'obstine. Il s'est remis
à compter. Il dit : deux heures.
L'instant bascule. Le vent s'arrête
La montagne ne se ressemble plus

      14 juillet 2006




Et lui, se ressemble-t-il ?
La chaleur, le pied, le balancier
de l'ombre, comme si de rien n'était.
L'éblouissement du trottoir vide
qu'il faut traverser pour retrouver
l'image, le grain de temps

                15 juillet 2006




Il écoute encore : la corneille
s'égosille, mais c'est autre chose.
Sous chaque bruit, ça s'obstine,
bruissement ou froissement comme d'un fleuve
d'images invisibles qui passerait.
Ou rien, ou le sommeil qui revient

                        16 juillet 2006




Il ne sait plus, non. Une chaleur
trop bleue, un cri et ses yeux
ne voient plus que du feu. Une poudre
grise un bruit de mobylette
trament le jour qui décline, s'en va.
Personne pour parler ou se taire

                    17 juillet 2006




Le décor pourtant n'a pas changé :
parasol, un lac deux cygnes, des silhouettes
un instant sur le bleu. Arrêté
dans la carte postale, il regarde autour,
disparaît. Reste son ombre
– vent et poussière – sa place vide

                    22 juillet 2006




Traverser le jour relève de l'exploit.
La lumière a pris un autre nom
Inquiète son ombre brûle
entre attente et oubli. Est-ce lui ou l'autre ?
Vite, saisir, lâcher ce qui vient
de face et puis de dos – ce qui va

                    24-25 juillet 2006

Publié par Tecna à 11:18:39 dans Textes inédits | Commentaires (0) |

Oublier l'heure | 28 août 2007

Oublier l'heure




Où qu'on soit, c'est la même attente. Ce suspens d'après dîner entre une et deux, quand les choses n'ont pas encore perdu tout espoir d'imposer leur présence et découpent la lumière de leurs contours tranchants. Quant au corps...

        - Oui ?
        - Oh ! Rien.
        - Dis toujours...
        - La fatigue, seulement.

Posé sur les yeux, c'est comme une brume, un poids léger sur les paupières. Une sorte de vertige vague au bord duquel on hésite.

          - Entre veille et sommeil    
          - Entre naître et mourir.





Elle qui disait : « Ma part, c'est d'être perdue », pensait-elle que chaque instant est une perte dont on ne se remet jamais ?
Elle qui disait : « Ce qui te sépare c'est ce que tu es », pensait-elle que sa voix la détruisait en la faisant ?
Elle qui disait ; « Les morts pressés sur moi, / se taisent dans toutes les langues », pensait-elle que la violence du monde résonne dans le silence porté par chaque mot ?
Et qu'alors, parler c'est mourir ? Toucher le fond pour ne plus se perdre ?
(I.B)





Dehors, la lumière et sa géométrie. Les façades brillent. Quelqu'un m'appelle, mais quand je me retourne, je ne vois que des visages inconnus. Alors je marche. J'ai un but précis, semble-t-il. Je traverse une rue, un jardin, accompagné d'un tournoiement de mouettes. De loin, une allée me fait signe : arrière-cour, escaliers. Je monte, je n'arrête pas de monter. Quand il n'y a plus d'étages, je redescends. En bas, je retrouve l'eau, son souffle froid. Je longe les quais, le soir commence à tomber, les lampes s'allument.
Sur les trottoirs, les pas sont comme une averse, mais la lune brille. Plus loin, c'est une place. La même, toujours, et sa fière statue de bronze. Je te vois venir. Tu es une ombre qui se rapproche. Entre nous, il y a cette nuit. Je tends la main, pour y voir mieux. Elle ne trouve que l'air froid, un peu de terre et un pétale humide. Je dis « reste, reste encore... »

    - Tu parles tout seul ?
    - Je me tiens compagnie.





Parce que je suis perdu, le jour recommence,. Sinon, il serait son nom, simplement. Je ne le verrais pas. Je ne dirais que ce que j'en sais. C'est-à-dire pas grand-chose. Mais là : ce qui tombe, monte, traverse le regard ; ce qui brille, s'éteint ; ce qui tremble ou s'obstine. Se taire pour parler mieux ? Deux heures dix. Quelle somme de souffrances, dis-tu. Ca, c'est aussi le jour. Tous ces cris. On n'y voit plus. Comment tout faire tenir ensemble ? L'odeur et les pommes, le rouge et le sang. Oui, je suis perdu mais je vois quelque chose.

    - Quelque chose ?
    - Oui, quelque chose –– pas rien.





Et pourtant rien. Comme les feuilles, le bruit de l'avion au passage et le silence qu'il en reste. Ou l'attente du grand chien blanc. Sur les doigts, l'odeur tenace de la menthe pourrait rappeler quelque chose. Mais non, rien. Seul ce vide où je me dissous, où je suis la voix, tu sais, celle qui parle sans parler. Et c'est moi, à présent, qui attend. Avec le froissement des pages, les craquements du radiateur. Comme pour dire il y a ou c'est là.




Eblouissement. Ce que je regarde, je ne le vois pas. Du rouge, du vert en bandes sombres et lumineuses. Et c'est déjà trop dire. Ce que je ne vois pas, je le regarde. Je parle, comme dans la pièce à côté. J'entends ma voix, pas les mots qu'elle prononce. Je me perds dans l'écart –– entre, toujours. Quelqu'un en sort. Ou quelque chose qui ne ressemble à rien.



 
    - Tu n'y arrives plus ?
    -  Non.
    - Essaye encore.
    - J'essaye, mais rien ne vient.
    - Rien ?
    - Rien.

Les voix parlent. Leur dialogue est à peine audible. Je l'écoute, un peu distrait. Questions, réponses. Ni visages ni corps. Un seul souffle. Je l'entend si près que je le confonds avec le mien :

    - Quelque chose, pourtant.
    - Dis-moi.
    - Comme un souffle.
    - Tu vois quelqu'un ?
    - Non, mais je le sens.

J'écoute toujours. Le ciel tombe derrière la vitre. Le silence est en sursis. D'un instant à l'autre il va se briser. Mais les voix le retiennent dans le goutte à goutte des syllabes :
    - Tu le sens ?
    - Oui, là, tout près.
    - Comme de l'eau ?
    - Ou de l'air.
    - De l'air, oui.
     - De l'air.

Un tissage très serré mais transparent. Je vais presque voir –– ombre et lueur –– ce que j'entends. Voir les voix. Comme elles me voient :

    - Tu vois ?
    - Oui.
    - Qu'est-ce que tu vois ?
    - Je ne sais pas mais je vois.
    - Comme un visage ?
    - Peut-être.
    - Il vient ?
    - Il est là.





Le chat ferme les yeux. Dehors est un éblouissement obscur. Peu à peu je sombre dans un entre-deux sans paroles. Le fracas de l'hélicoptère invisible et le tronc du chêne appartiennent un instant au même monde. La brume les réunit et les efface. N'en reste qu'un silence et, noir sur blanc, une trace immobile. Comme un idéogramme privé de sens. Aveugle, j'avance sur le fil. Prêt à basculer. Mais rien ne bouge : ni le chat ni le chêne. Seul, dans la chaleur, le cordon du rideau et le souffle. Quant aux mains elles sont trop loin pour les sentir, perdues dans de menus travaux.
 
    - C'est l'heure.
    - De quoi ?
    - D'oublier l'heure.


Chronique d'un égarement





Publié par Tecna à 20:39:08 dans Textes inédits | Commentaires (0) |

Jean Murat ou le choix de la vie | 15 août 2007

Jean Murat ou le choix de la vie


Dans une époque du tout image, de la communication tous azimuts, où les moyens technologiques sont tels qu'ils semblent ouvrir à l'homme les perspectives à la fois fascinantes et menaçantes d'une ère nouvelle prise entre l'angoisse d'une violence généralisée et l'espoir (toujours plus fragile, il est vrai) d'une véritable transformation de l'humanité, qu'est-ce qui fait peindre Jean Murat ? Oui, qu'est-ce qui le pousse, depuis plus de vingt ans, dans la solitude et l'anonymat, au mépris de tout confort matériel et mental à réinvestir à nouveaux frais cet art vénérable et pour certains moribond qu'on appelle la peinture ? Car il y a, chez lui, quelque chose de l'alpiniste et du joueur : solitude et risque de l'altitude, pari à fonds – et à fond – perdu...
Baroque par nature – il y a là une sorte de peur du vide et un désir d'y échapper dans la prolifération, le contraste, le déséquilibre, la violence –, cette peinture s'est construite, comme tout art véritable, sur une suite de refus et d'adhésions. Refus, d'abord, d'un certain nombre d'esthétiques (et de contre ou anti-esthétiques) en vogue aujourd'hui, de l'art officiel et subventionné que je dirais installé et bien installé dans son obsession installatrice, à la facilité d'un certain symbolisme du retour à l'origine rehaussé des prestiges du travail des « matières », comme on dit, en passant par les arts « conceptuel », « pauvre », « abstrait » – lyriques, constructivistes ou autres – qui ne cessent de répéter les gestes fondateurs de quelques pionniers inimitables. Sans parler, bien sûr, de toutes les figurations et leur vieille monnaie périmée dont beaucoup trop, encore aujourd'hui, font comme si elle avait toujours cours.
Ce refus et le risque de solitude et d'incompréhension qu'il suppose, n'est que l'envers de la reconnaissance avouée d'un certain nombre d' « alliés substantiels » » dont la présence vivante donne à ce travail son épaisseur et sa profondeur. Que ce soit dans la peinture rupestre ou dans les miniatures persanes du XVIè siècle, chez Michel Ange ou le Tintoret, Rubens ou Goya, Van Gogh ou Cézanne, Jean Murat retrouve cette force qui lui donne le courage de poursuivre son aventure dont il sait, nous dit-il, qu'elle n'est qu'« affirmation d'une victoire provisoire sur la mort ». Plus près de nous, c'est dans le voisinage d'un Bacon ou d'un Rebeyrolle qu'on pourrait le situer, avec ce qu'il y a dans ces œuvres d'énergie subversive et de refus en acte de s'inscrire dans quelque courant, groupe ou école que ce soit.
S'il fallait le caractériser en peu de mots, je dirais que le travail de Jean Murat est une tentative toujours poursuivie, jamais achevée pour tenir les contraires, les traverser, les annuler : figuration et non figuration, couleur et dessin, technique et non-technique, instant et durée, image et récit, tradition et modernité. C'est là qu'est son rythme, dans cette tenue, ce risque accepté du chaos et du désordre, de la discordance et du ratage, au profit de ce qui se cherche, se perd, se trouve par éclairs, disparaît et réapparaît dans l'intensité brutale de son surgissement: l'autre face d'une réalité qui n'est plus cette image toute faite que nous en avons, description totalitaire – technologique – d'un monde où les ombres n'existent plus puisque tout est éclairé, exposé aux projecteurs d'une platitude épuisant toute vision et tout désir. Contre l'ennui d'un Loft story généralisé, contre les « retours-à » ou le statut répétitif et sans affects d'un certain art contemporain, Jean Murat nous met en face de ce qui échappe à toute maîtrise et à tout discours parce que, soudain, c'est là, dans la violence de son apparition : l'inconnu – le réel.
Face à toutes les forces mortifères qui sans cesse nous menacent, nous parasitent et nous détruisent, peindre, pour Jean Murat, est alors plus qu'un art, avec tout ce que ce mot comporte de connotations esthétisantes et élitaires : c'est un choix de vie – le choix de la vie.

Site de Jean Murat: http://www.muratpeintre.fr

Publié par Tecna à 18:25:33 dans Arts plastiques | Commentaires (0) |

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