• L'heure de cendre

     L'heure de cendre


    L'heure de cendre (Opales, 2006)



    .............

                Ecoute. Ne serait-ce que le bruit de mes mots
                ces courbes que font les phrases
                leurs ruptures aussi
                comme les battements d'un pouls mal réglé
                parfois tu t'y reconnaîtras
                tu verras que quelque chose existe toujours
                un geste, une manière de se gratter le front, de respirer
                mais ne crois pas que je veuille te retenir à tout prix, non. J'aimerais seulement que nous écoutions ensemble ce qui nous appartient encore un peu le jour qui s'achève, comment te dire
                je t'imagine, j'hésite : il est six heures, les lumières
                vont bientôt s'allumer
                tout en parlant, je sens qu'un autre est là, j'entends le rythme de sa respiration, le timbre de sa voix, presque
                comment me croire alors? Mais je ne te le demande pas. Ecoute-moi, simplement
                sans cesser tes gestes quotidiens : écrire une lettre, faire chauffer la soupe, mettre le couvert, que sais-je
                l'eau qui coule les bruits ne me gêneront pas : le tintement des cuillers, le froissement bleu des flammes du gaz, l'eau qui coule du robinet, et
                même si tu ne comprends pas tout, si tu oublies de m'écouter, tant pis, tu seras là, encore un peu
                je saurai qu'il me suffit presque de tendre la main pour sentir ta chaleur. Mais les mots me suffisent
                l'espace de ta présence que je sens, même si je ne te vois pas avec la nuit
                tout ce qui fait cet instant si différent des autres malgré l'angoisse — ou peut-être à cause d'elle
                transparence noire où brillerait chaque éclat de la vie
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p><o:p> </o:p>            Laisse-moi m'approcher un peu plus, avec ces mots que je cherche



                de longues heures nous séparent du matin. Traversons-les ensemble

    ..............


  • Commentaires

    1
    Fanie
    Samedi 14 Octobre à 17:17

    Bonjour Monsieur ANCET

    Je connaissais vos traductions notamment celle de mon ami Luis MIZON et des auteurs latinos, mais pas

    vos écrits personnels, vos mots me touchent ils sont profonds et poétiques merci pour cette clairière en

    Terre de Poésie

     

    Poéthiquement

    Fanie

     

     

    2
    Fanie
    Samedi 14 Octobre à 17:18

    Bonjour Monsieur ANCET

    Je connaissais vos traductions notamment celle de mon ami Luis MIZON et des auteurs latinos, mais pas

    vos écrits personnels, vos mots me touchent ils sont profonds et poétiques merci pour cette clairière en

    Terre de Poésie

     

    Poéthiquement

    Fanie

     

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