• L'autre pays

    L'autre pays (1964-1968) , Plein Chant, 1975.<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> 

    </o:p>
    Une fontaine sèche où pousse l'herbe
    et coule le soleil. La rue déserte.
    Un chat passe sans bruit. Des escaliers
    tordus sonnent dans la cendre des tuiles.<o:p> 

    </o:p>
    Un oiseau gris couve le long des murs
    les œufs d'oubli que le temps a pondus.
    Son cri parfois déchire la lumière,sanglant.
    On s'arrête pour l'écouter.
    <o:p> </o:p>Rien ne bouge.

    Des fleurs tremblent à peine
    aux terrasses où s'écrase le ciel.
    Sous les volets, sous le bâillon de l'ombre
    des yeux obscurs s'allument en silence.<o:p> 

    </o:p>
    Plus haut, près d'une croix de pierre blanche
    rongée de vent, veille la solitude.
    Son pas brûlant rôde par les orties
    à l'horizon des dernières demeures.<o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> 

    </o:p>
    *<o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> 

    </o:p>
    Sur la poudre des tuiles, l'oiseau s'ouvre
    et se ferme. Son cri perce le ciel.
    Du silence coule un visage obscur:
    gouttes lentes dans l'ombre du cyprès.<o:p> 

    </o:p>
    Un visage? Peut-être un souvenir,
    qui peut savoir? Le temps s'est égaré
    dans la fumée des pierres qui s'effritent.
    Le vent a fui, brouillant toutes les pistes.<o:p> 

    </o:p>
    Tout s'est figé en un profil sans âge.
    Contre les murs des songes jaunissants
    brûlent rongés d'insectes et de mouches.
    L'haleine frôle les lèvres. Plus rien.<o:p> 

    </o:p>
    Seul ce visage aux yeux naissants,
    la terre
    nue, déchirée, la blessure des pailles,
    le jour muet où se crispent les choses,
    la source éteinte dans la main qui se serre. <o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p>

    </o:p>
    *<o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> 

    </o:p>
    Bout du chemin que ronge le vent gris:
    l'ombre et l'écho y sont le paysage
    et ce silence nu, cristal sans âge,
    miroir brûlé où le passé s'inscrit.<o:p> 

    </o:p>
    Paume de pierre encombrée des débris
    immobiles du temps. Sur ton visage,
    passe l'appel incertain des nuages
    vers l'horizon pétrifié comme un cri.<o:p> 

    </o:p>
    Ton pas se tait tandis que le plateau
    ferme sur toi son éventail de cendres.
    Il n'est plus rien que le ciel sur ton dos<o:p> 

    </o:p>
    qu'un arbre mort qui seul semble t'attendre
    en ce lieu nul où le néant dépose
    l'écume obscure et la braise des choses.

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