Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Lumière des jours

le blog de Jacques Ancet

Rechercher

Glossaire

Novembre

DiLuMaMeJeVeSa
      1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30      
  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03

L'orage vient | 28 novembre 2008

VIENT DE PARAÎTRE

L'orage vient 

 

Tu arrives de plus loin.

On ne sais pas d'où tu es

ni quel visage tu as.

On entend une musique

sous le silence. On voudrait

la garder trouver un nom

pour la dire. Mais on n'a pas

de bouche, pas de main

pour l'écrire. Seul ce feu

du désir, l'orage vient.

 

Editions
La Porte 
Yves Perrine, 215 rue Moïse Boudhuin, 02000 Laon 

Publié par Tecna à 16:12:22 dans Dernières parutions | Commentaires (0) |

La joie du monde | 07 novembre 2008

LA JOIE DU MONDE

Cazimi Éditeur, 2008


    Emmanuel Malherbet, dont on connaît le remarquable travail d'éditeur mené depuis près de vingt-cinq ans avec les éditions Alidades, mais moins celui de traducteur (Jonathan Swift, Mark Twain, Wilfred Owen, Siegfried Sassoon, William Godwin...) et d'écrivain, publie, après quelques tentatives plus discrètes, un livre, La Forge des arbres , où sa voix se découvre et s'affirme
    Un homme est là. Il vit près d'un lac. Et parce qu'il y a l'autre surgi dans sa vie, le monde est comme transfiguré. Et les mots aussi. C'est pourquoi ces pages témoignent d'une rencontre où se confondent indissociablement l'amour, le langage et le monde. Car la rencontre de l'autre éveille celle de l'autre en soi. Celui qui se met à parler dans le poème et qui, tout en le faisant, se fait par lui. Cette expérience d'altérité est la poésie même. La description habituée du monde— la réalité — dans laquelle nous sommes pris est soudain comme immobilisée, suspendue. C'est comme une panne de son, un arrêt sur image, un arrêt de ce temps qui vous emporte et vous défait, et quelque chose surgit, qui était déjà là, qu'on ne voyait pas, et dont l'apparition silencieuse au milieu du brouhaha vulgaire et de « l'indécence du monde » est comme une naissance :

j'écoutais j'entendais du silence
et c'était en dessous
le lac
l'image versée
de la nuit

nous sous le ciel noir
(les graviers crissaient)
ciel et lac faisaient
à la taille de nous
l'écrin et le début

pourquoi l'ai-je cru
que nous emplissions le monde ?



    Oui, dans cette rencontre, expérience érotique, cosmique et poétique désormais ne font qu'un. Soudain, le monde n'est plus en face, il est en vous autant que vous êtes en lui : « j'étais / comme le monde sous le ciel / le monde en moi / [...] j'étais : le bruit du monde / et l‘oreille qui écoute / et la lumière du monde / chevillée à l'oeil / et l'oeil et l'oreille étaient / le bruit la lumière du monde / qui est ton souffle ». Interpénétration qui est l'enfance retrouvée : « et cela met du rire en nous / et du jeu / comme si revenait / le temps des cabanes / ou quelque chose pareil / de la joie légère ... ». Le monde n'est plus cette routine, parfois obscure et sale, parfois violente. Il est, dans la montée du désir, ce grand souffle lumineux venu de la « forge des arbres », cet éclat qui fait briller l'instant et les mots, leur donne l'élan de ce qui commence : « il y a des paradis d'instant / [...] quand — dans la pénombre et le silence / les mots trouvent leur chemin / et c'est une grande force / touchant au près / disant juste ». Et le monde est là, comme si on ne l'avait jamais vu :

et c'était le monde
rempli d'un sens nouveau
et moi de nouveau
renouant



    Alors on ne sait plus qui on est, de l'autre, de soi ou des choses. Il se fait un grand silence, un grand suspens clair comme ces jours de neige où le monde s'efface pour renaître transfiguré. Et là, dans ce vide lumineux, on n'est pas loin, toutes proportions gardées, de certaines expériences extrêmes. Celle d'un Jean de la Croix, par exemple, lui aussi, traversé par l'amour — divin ou humain, peu importe, c'est le même amour —, quand il écrit : « Je suis entré où ne savais / et je suis resté ne sachant / toute science dépassant » et qu'Emmanuel Malherbet, sans doute sans le savoir, mais inspiré par la même force désirante, semble lui répondre en écho :

            
j'entrais
et ne savais
qui serait toi

ni moi

qui j'étais ce jour
non plus que les autres
ni même
si viendraient les autres


Dans ces poèmes, quelque chose emporte, soulève, brûle. Un feu venu de cette forge, ce souffle des arbres, dans la poitrine. Alors dedans et dehors confondus, transportés, éblouis, le temps d'une page, d'une strophe ou d'un vers, nous entrons nous aussi dans « la joie du monde » :

c'est du ciel — des dieux
des dieux que tu portes minuscules
.......................................................
oui dedans c'est
un fracas de forêt c'est
quand les branches cognent

oui cela le bonheur
c'est dedans
c'est pareil
portant le corps
et la vie dedans le corps

Publié par Tecna à 11:56:54 dans Lectures | Commentaires (0) |

L'entre-deux | 07 novembre 2008

Vient de paraître aux Éditions TARABUSTE

rue du Fort

36170 Saint-Benoît-du-Sault

Fax 02 54 47 67 65

Jacques Ancet/Claude Melin

L'ENTRE-DEUX

Tirage 100 exemplaires

sur grands chiffons des papèteries Joahannot,

tous signés et numérotés

22,5cmX16,5cm

40 euros

 

 

Que ce soit l'éblouissement brusque, l'ombre passante sur ton

visage, c'est toujours cet instant qui s'arrache à lui-même, et

toi avec. Tu glisses à travers une douceur de feu, tes mains

sont des poignées d'étincelles. Très vite, tu as perdu ton nom

et quand ta bouche parle il en sort le jour: un voyage de syllabes.

 

 

 

 

 

 

 

Publié par Tecna à 11:32:01 dans Dernières parutions | Commentaires (0) |

1|

Tous les derniers titres